Assunta Genovesio : catalogue en ligne
Assunta Genovesio, Monotypes : les marges du réel
Du bord, en longeant le fleuve on observe une barque rouge. Ce fleuve, serpentant en méandres, est profond, il s'écoule lentement. De la rive, on suit cette trace rouge qui pointe l'amont. Ardent...
Catalogue en ligne
Très peu d'artistes ont peint le Nord. Hors de Paris, nombreux se sont penchés sur les lumières du Sud ou le caractère de la Bretagne. L'exposition consacrée à Assunta Genovesio est un véritable hommage aux couleurs et à l'âme du Nord. Ses monotypes reflètent avec authenticité et secret toute la chaleur et l'esprit des lieux. De Roubaix à Dunkerque, en passant par les bords de mer de Gravelines, des fortifications aux briques... Il reste deux semaines pour venir découvrir l'exposition consacrée à Assunta Genovesio, Les marges du réel. Avec joie de vous accueillir avant le départ pour la saison estivale Bretonne. A l'Art Vivant !
Invitation vernissage
Rendez-vous jeudi 12 mai pour le vernissage où nous serons heureux de vous accueillir pour ce bel événement d'avant l'été. En présence de l'artiste, nous partagerons ensemble bons verres et regards autour de cette œuvre gravée puissante, profonde et intime.
"Cela s'est passé. Je sais aujourd'hui saluer la beauté."
Sensation, Arthur Rimbaud
Assunta Genovesio, Monotypes : Les marges du réel
Exposition
Assunta Genovesio
Monotypes : Les marges du réel
12 mai - 25 juin 2022
Du bord, en longeant le fleuve on observe une barque rouge. Ce fleuve, serpentant en méandres, est profond, il s’écoule lentement. De la rive, on suit cette trace rouge qui pointe l’amont. Ardent est le silence de la peinture, sourd à l’illusoire et voyant de la parole murmurée. Quand tout hésite à dire, les couleurs donnent à entendre les remous du temps. Être l’auditeur des tonalités patientes.
Des brumes aux mirages, des vapeurs sombres aux ombres de clarté, le regard tente de rosir les nuages, de défaire la facilité du criard. Le bleu troue le gris. C’est une impression, une estampe irremplaçable, pas un multiple. Serait-ce un paysage, une nature luxuriante ou une nature morte ? Et là, posé sur cette table, un squelette d’animal est abandonné par la chair. Ou ici, dans cet atelier, un nu de femme frissonne, attend.
Les fumées des usines immobiles couvrent le ciel d’un quotidien charbonneux. Et cette rue bordée de maisons, n’y a t-il plus personne ? Paysages, natures mortes et personnages sont traversés par les lumières sourdes et tenues du nord que réchauffent des roses, des orangés et des rouges. Vivants et muets des tapages. Ici, tout est question d’un en-retrait. Pour voir, n’est-ce pas ? Être là, sans y être, s’effacer. Se tenir, perplexe, sur la bordure de la création. L’effacement au profit d’une apparition, un trompe-l’œil ?
Les monotypes d’Assunta Genovesio. Œuvre unique suivie de quelques fantômes. On touche au monde de la gravure et pourtant… N’intervenant pas directement sur le papier, la peintre y marque sa douce détermination. Elle applique les encres sur une plaque, puis celle-ci sera passée sous presse, le résultat alors obtenu révèle tout le mystère et l’imprévu. S’agirait-il de deviner ce qui se cache sous les eaux du fleuve ? Sur l’onde, percevoir le ciel reflété dans un clapot de bleu et de lumière.
Qui décide du résultat ? La peintre ? L’œuvre ? Le sujet ? Ces « couleurs en un certain ordre assemblées » ? Les encres restées sur la plaque vont permettre ensuite d’autres impressions, plus faibles en intensité : les fantômes. La présence est là, effleurée, l’éclat premier s’estompe, les traits se délient, reste l’esprit visible de l’œuvre, une trace de ce que l’on croit voir… C’est l’ultime souvenir des couleurs sur le papier avant l’évanouissement.
Aller à la première plaque, celle du sensible. Où se trouve l’origine de l’image ? Dans la première impression ou dans le dernier fantôme ? Au bord du réel, la peintre nous engage à remonter le fleuve des couleurs et arpenter cette rive du voir.
Après une première exposition en 2018, la galerie Les Montparnos est très heureuse de vous inviter à découvrir les monotypes d’Assunta Genovesio. Une exposition remarquable de ses gravures uniques du 12 mai au 25 juin 2022.
D’obscurité et de lumière … le Silence.
À l’Art Vivant !
Mathyeu Le Bal
à venir
Catalogue en ligne de l'exposition Pierre Bancharel
catalogue en ligne
Vernissage de l'exposition de printemps
Pierre Bancharel (1937-2018) Le bonheur du temps
Exposition de printemps
Pierre Bancharel (1937-2018)
Le bonheur du temps
24 mars - 05 mai 2022.
Je souhaite dans ma maison :
Dans ce Paris de l'après Seconde Guerre mondiale, celui des années 1950/1960, on pouvait sentir ce parfum des légendes d'un autrefois pas si lointain. La mémoire encore chaude témoignait des heures de l'aventure. A Montparnasse, les esprits veillaient sur les bancs de l'Académie de la Grande Chaumière ou accoudés au zinc des cafés du Dôme, de La Coupole, de la Rotonde ou du Sélect. L'atmosphère embuée d'alors y demeurait, s'accrochant comme peut, avant d'avoir à se dissiper complètement dans la poussière de chantiers de grandes tours. Un monde s'éveillait ouvrant un oeil sur la ville aux règles nouvelles.
Pierre Bancharel s’est retrouvé dans ce Paris du vacarme qui n’était plus celui de la peinture. Il cherchait à retrouver le parfum de cet avant qui s’évanouissait, à en entendre l’écho. Sans doute fut-il surpris. Lui qui venait des coteaux au pied des Pyrénées s’était présenté naturellement au pied de Montparnasse, la montagne des poètes. « Alpinisme pour alpinisme » disait Guillaume Apollinaire. Il y passe alors ses jeunes années de formation entre les Beaux-Arts, la Grande Chaumière et surtout ses visites au Louvre. Le jeune peintre comprend là rapidement que comme d’autres il n’est plus le bienvenu dans cette capitale qui a laissé New-York lui ravir le titre de centre mondial de l’expression.
Aussi rentre-t-il fréquemment chez lui pour retrouver ses montagnes et Pau la ville de sa naissance. Dans ses bagages, il rapporte la découverte des œuvres de Courbet, Rembrandt, Chardin ou Soutine… Chez lui, il installe un atelier, son lieu, refuge au plus près des hauteurs de l’enfance. Ici, dans son élément, Pierre Bancharel se retrouve face à un temps aux heures intemporelles dont il va faire sa matière. Le voici à saisir l’épaisseur du silence et heureux de voir s’écouler chaque heure de ce face à face. Le son de l’horloge pose tel ou tel ton de rouge ou de bleu sur la toile. Le peintre est là, devant cette surface où sans fin se reflète la création du monde.
C’est une vie toute de continuité, sans biographie, ni date, ni période marquante, telle un cours d’eau vive sculptant lentement chaque obstacle en arronde de temps. Sur la toile, les nus s’étendent, sensuels, un chat observe nonchalamment, les enfants font une sieste. Dans cette nature morte, chaque objet vit, chaque ustensile est à sa place, bien ordonnée, le réveil posé sur le chevet marque 7 heures. À voir le cadran, c’est le temps qu’on entend.
Au dehors la nature ébouriffée nous enivre de ses joies et nous affame de ses possibles. De ses aller-retours à Paris, sans quitter trop longtemps la ville des yeux, des gris et des ocres nous klaxonnent une autre réalité. Est-elle si réelle ? Pierre Bancharel a mis le monde de côté pour mieux le peindre. « J’étais à la fois dedans et dehors » écrivait Francis Scott Fitzgerald.
La peinture a décidé pour lui. Il sera grâce à elle. Ici nulle ambition de carrière ni volonté de succès mais autre chose, celle de consacrer sa vie à incarner les couleurs.
La Galerie Les Montparnos est heureuse de vous inviter à découvrir le peintre Pierre Bancharel (1937-2018).
A l'Art Vivant
Mathyeu Le Bal
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