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Exposition Quimper été 2019

Publié le par LE BAL Mathyeu

Un grand Merci à France 3 Bretagne pour ce beau reportage sur l'exposition "8 rue de la Grande Chaumière" chez Armor Lux à Quimper.

Diffusion du 8 août 2019 au 12/13 et 19/20.

Exposition à découvrir jusqu'au 17 août à l'espace Kerdroniou, Armor Lux.

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événement : Invitation vernissage

Publié le par LE BAL Mathyeu

événement : Invitation vernissage
On ouvre et l'on ferme des portes
et des mains lèvent des miroirs
lourds de lumière, que m'importe
si je suis parfumé de soir ?
 
André Salmon
 
Chers amis,
 
Les beaux jours sont devant nous.
Et pour fêter la venue du printemps, la galerie Les Montparnos est très heureuse de vous inviter au vernissage de sa grande exposition d'Art Moderne de l'année consacrée à l'un des derniers atelier d'époque du Montparnasse.
 
Intitulée :
 
8 rue de la Grande Chaumière
Auguste Clergé (1891-1963) & Colette Chasseigneaux (1925 - 2017)
 
Le vernissage se tiendra à la galerie 
 
le jeudi 28 mars à partir de 18h30.
 
Exposition du 28 mars au 20 mai 2019.
 
Présentation :
 

Mars 2017, Colette Chasseigneaux nous quitte. Elle était pour tous l’une des dernières figures héroïques du Montparnasse de l’entre-deux-guerres. Peintre mais également  modèle, avec sa sœur Solange, pour les plus importants artistes de l’époque, les fameuses « heures chaudes » du quartier de l’art moderne. Deux sœurs, très belles, qui tant symbolisaient la soif de liberté de cette génération incroyable. Colette sera ainsi la dernière compagne du peintre Auguste Clergé, le Monsieur Loyal du Montparnasse, silhouette incontournable et légendaire de ceux qu’on appellera bientôt « les Montparnos », le créateur des expositions dans les cafés et brasseries, celui qui faisait se rencontrer les peintres et sculpteurs. Auteur d’une des peintures des colonnes de la brasserie La Coupole. Peintre des bistrots et cabarets, du cirque, de « la Zone » de Paris, dont l’œuvre toute entière aura été consacrée à restituer  la vie des braves gens emprunte d’une pâte d’humanité vraie.

Colette, Solange et Clergé, une vie à trois pour la peinture, un atelier commun qui se trouvait au 8 rue de la Grande Chaumière, adresse historique. On le sait, c’est dans cet immeuble que Modigliani passera les 3 dernières années de sa vie fulgurante avec sa compagne Jeanne Hébuterne. C’est ici aussi qu’un peu plus tôt Gauguin avait vécu dans l’atelier d’Alphonse Mucha.

En ouvrant, presque un siècle après les années 20, la porte de cet atelier, rien n’avait changé, tout dans son jus était là, conservé dans cette atmosphère d’histoire de l’art, à peine couverte de poussière ; à y respirer encore tout ce qui fit l’épopée du carrefour Vavin. Au pied de l’immeuble, une petite cour intérieure avec son banc de fer forgé pour s’asseoir, le temps de regarder le ciel, et le grand arbre pour écouter et atteindre la grande verrière de l’atelier de si vétuste authenticité… A dire au plus juste, une page encore ouverte du livre de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Art Moderne. Dans l’atelier étaient là, entreposées, les œuvres des peintres Auguste Clergé et Colette Chasseigneaux ainsi que celles de leurs amis peintres, sculpteurs et photographes de l’Ecole de Paris.

Par sa nouvelle exposition, la galerie Les Montparnos vous invite à découvrir l’histoire d’un lieu extraordinaire. Rue de La Grande Chaumière, un des noms les plus mythiques de l’histoire du Montparnasse. Le célèbre atelier de l’Académie, au 14 de la rue, vient d’être vendu au grand dam de tous et chacun, laissant son avenir incertain. Et comme en écho, l’atelier du 8 disparaissait en même temps.

C’est lui qui vous ouvre sa porte une dernière fois par cette exposition. Les œuvres, ainsi que des photographies et documents y seront présentés. A cette occasion un riche catalogue sera proposé racontant l’histoire de cet atelier, ultime témoin de ce que fut le quartier quand Paris était la capitale mondiale de l’art. Un événement.

 

 

Auguste Clergé (1891-1963), Colette aux fleurs blanches, huile, 55 x 46 cm.

Auguste Clergé (1891-1963), Colette aux fleurs blanches, huile, 55 x 46 cm.

Quelques oeuvres à découvrir

Auguste Clergé (1891 – 1963), La cour du chiffonnier, Zone de Paris, 1953

Auguste Clergé (1891 – 1963), La cour du chiffonnier, Zone de Paris, 1953

Vladimir Naïditch (1903 – 1980), Portrait de Solange Chasseigneaux, Montparnasse, atelier NaïditchVladimir Naïditch (1903 – 1980), Portrait de Solange Chasseigneaux, Montparnasse, atelier Naïditch

Vladimir Naïditch (1903 – 1980), Portrait de Solange Chasseigneaux, Montparnasse, atelier Naïditch

Auguste Clergé (1891 – 1963), Nicole Chasseigneaux, 1959

Auguste Clergé (1891 – 1963), Nicole Chasseigneaux, 1959

Pinchus Krémègne (1890-1981), Sous bois près de Céret, fusain sur papier

Pinchus Krémègne (1890-1981), Sous bois près de Céret, fusain sur papier

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) Vieille cour d’atelier, Paris

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) Vieille cour d’atelier, Paris

Auguste Clergé (1891 – 1963) Claudie et la Sainte-Victoire, 1955 Aix-en-Provence
Auguste Clergé (1891 – 1963) Claudie et la Sainte-Victoire, 1955 Aix-en-Provence

Auguste Clergé (1891 – 1963) Claudie et la Sainte-Victoire, 1955 Aix-en-Provence

Auguste Clergé (1891 – 1963)    Petit café sur la Zone de Paris, 1953

Auguste Clergé (1891 – 1963) Petit café sur la Zone de Paris, 1953

      Auguste Clergé (1891 – 1963) Jeunes femmes à la fontaine, 1955 Aix-en-Provence

Auguste Clergé (1891 – 1963) Jeunes femmes à la fontaine, 1955 Aix-en-Provence

Solange chez le peintre Naïditch

Solange chez le peintre Naïditch

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) Moi-même posant nue pour Clergé Dans l’atelier de la Zone, 1956Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) Moi-même posant nue pour Clergé Dans l’atelier de la Zone, 1956

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) Moi-même posant nue pour Clergé Dans l’atelier de la Zone, 1956

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) Jardin du Luxembourg, les petites chaises vertes

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) Jardin du Luxembourg, les petites chaises vertes

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) La robe blanche

Colette Chasseigneaux (1925 – 2017) La robe blanche

Et bien d'autres encore...

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8 rue de La Grande Chaumière, les peintures du dernier atelier

Publié le par LE BAL Mathyeu

Auguste Clergé (1891-1963) 

Colette Chasseigneaux (1925-2017)

Les Amants du Parnasse

C’est l’histoire d’un atelier. D’une adresse située au n°8 rue de la Grande Chaumière, à deux pas de l’illustre académie de modèles vivants. Au seuil de la porte d’entrée de l’immeuble, sur la façade, une plaque en marbre sur laquelle on peut lire « Atelier Gauguin & Modigliani ». Un bâtiment regroupant plusieurs ateliers. En 1893 le peintre Alphonse Mucha invite Gauguin à partager son atelier. Plus tard, de 1917 à 1920, le couple Jeanne Hébuterne et Modigliani auront leur atelier-logement dans l’immeuble. C’est ici que Modigliani va passer les derniers jours de sa vie.

Copyright : David Raynal

Copyright : David Raynal

En franchissant la porte on entre dans un petit couloir, un peu plus loin on découvre une cour. Un lieu clos, envoûtant, magnétique. Dans cette cour, en levant les yeux, on aperçoit des verrières comme autant de possibles d’ateliers. Plus bas un petit carré de verdure où trône un socle massif de pierre taillée et d’autres imposants blocs de pierre éparpillés dans l’herbe tels les vestiges abandonnés d’une cité oubliée. Un grand arbre habille majestueusement de vert  cette construction d’âme. A l’ombre de l’arbre, une table de jardin en fer forgé, deux ou trois chaises. Au fond de la cour, la cage d’escalier, il fait sombre, l’ambiance est crépusculaire, diffuse, un quelque chose d’enfoui. On entre dans un secret.

Copyright : David RaynalCopyright : David Raynal

Copyright : David Raynal

On monte les marches de cet escalier, des marches d’un bois vieux, craquant, épuisé, la main longeant la rampe qui lente serpente dans cet obscur à peine éclairé par le vasistas du dernier étage. Les murs décrépis ou crépis de lambeaux ajoutent un sentiment presque peu rassurant. Une atmosphère qui rappelle « Le philosophe » de Rembrandt, vieil homme assis près de sa fenêtre méditant au pied d’un escalier à vis qui monte. Invitation silencieuse proposée à l’esprit à s’engager dans une montée des marches. Arrivé au deuxième étage, au fond du couloir, une porte. Se saisir de la poignée, la tourner en écoutant clencher le mécanisme de la serrure puis pousser, dans un grincement, cette porte de vétusté. Soudain, une lumière provenant de l’intérieur oblige l’œil à passer de l’ombre à la clarté. Et là, se dévoile un atelier.

Copyright : David Raynal

Copyright : David Raynal

Une vision d’un délabrement merveilleux. On remarque en premier lieu la verrière imposante qui domine la pièce de toute sa hauteur et l’inonde de jour. Du dehors monte le grand arbre de la cour.  Un air poussiéreux enveloppe ce décor d’une épaisseur sentimentale. On est accueilli d’entrée de jeu par un vieux poêle à charbon, un « Godin » assis là tel un impassible chien de placide garde. Au sol, le parquet gondolé, éventré, fourbu, a les lignes de bois d’un poème. Affaissé par le poids du temps, il semble s’effondrer et s’enfoncer dans l’appartement du dessous. Du sol au plafond… Le toit à présent ; c’est une tôle ondulée, parsemée de trous et de fissures, d’où l’on imagine les jours de pluie le bruit rassurant du ploc-ploc des gouttes d’eau qui tombent et entrent comme fentes de ciel trouvant refuge dans l’atelier à travers le plastique usé. Parlons du grand mur ; c’est une toile de peinture vierge qui servait d’isolant de fortune et camouflait les cicatrices du béton. Une tapisserie brûlée par les âges affaissés. Au fond de la pièce unique, une mezzanine qu’on atteint par un vénérable escalier en bois. Le mobilier est succinct, un buffet où se regardent les objets d’une vie, les souvenirs témoignant de voyages, une conque, un vase polynésien, un coq Portugais. Une immobilité de vivants sentiments. Deux lits rudimentaires, un en haut de la mezzanine, l’autre en bas. Dernière particularité, un détail peut-être à ne pas oublier… des tableaux… une foule de tableaux…

Copyright : David RaynalCopyright : David RaynalCopyright : David Raynal

Copyright : David Raynal

Par paquet… Par paquet partout, empilés les uns sur les autres, superposés de façon anarchique

dans les étagères, entassés dans les racks et grilles aléatoirement prévus à cet effet. Un à-ras-bord rangé comme peut dans tous les coins, tous les meubles, tous les restes d’espaces libres. Des tableaux partout. Sur les murs, bien-sûr, accrochés selon un ordre mystérieux. Des tableaux posés par terre, le tout baignant dans une aura épaisse de poussière accumulée.

C’est l’histoire d’un atelier au n°8, rue de la Grande Chaumière.

 Et on est à Montparnasse. En ouvrant cette porte sur des décennies passées, tout est là, tel, comme si rien n’avait bougé. Au dehors, le monde a changé à une allure folle, en un demi-siècle plus qu’en mille ans, et les artistes ont quitté le carrefour Vavin emportant avec eux les éclats de la lumière de l’esprit. Montparnasse est retombé dans l’ordinaire, aujourd’hui d’un quartier de bureaux. Les terrasses de cafés sont vides ou banales. Hier s’est évaporé dans quelque éther. Mais là, au 8 rue de la Grande Chaumière, tout est encore là, préservé dans la poussière de l’intemporel. Les heures semblent s’être renversées. Ce dehors des aujourd’huis modernes vieillit si vite quand cet intérieur croulant, restitue pour toujours les embrasements d’une jeunesse hors limite. Hier était si jeune.

 

Copyright : Pierre Jahan, dans l'atelier de Clergé

Copyright : Pierre Jahan, dans l'atelier de Clergé

Sur les tableaux, on distingue deux signatures, celle d’Auguste Clergé et celle de Colette Chasseigneaux. Tout autour se laisse découvrir d’autres noms, ceux des amis, le groupe constitutif du cœur chaud de ce Montparnasse de l’entre-deux-guerres, Krémègne, Volovick, Naiditch, Le Scouëzec, Schreter, Eberl… Ce lieu était l’atelier du couple de peintres Auguste Clergé et Colette Chasseigneaux. Ils y ont vécu avec Solange Chasseigneaux la soeur de Colette. Un peintre et les deux frangines inséparables.

Solange et Colette Chasseigneaux

Solange et Colette Chasseigneaux

Au tout début Clergé était marié à Alice Reichen, comédienne de la troupe des Pitoëff, ils se sont installés dans cet atelier tous les deux durant la Seconde Guerre. Colette est alors arrivée vers 1948, elle était modèle et posait pour les peintres. Clergé tomba sous le charme de sa beauté, elle avait 34 ans de moins que lui. L’atelier était partagé entre les répétitions de théâtre d’Alice, et Colette qui posait pour Clergé. Ils vivront deux-trois ans ainsi tous les trois. Mais peu à peu les jalousies s’insinuent tandis que ce qui devait arriver, advint, Clergé et Colette tombent amoureux l’un de l’autre, plongeant Alice dans un chagrin dévastateur. Elle quitta l’atelier laissant Clergé et Colette dans ce décor théâtral. Solange, la sœur de Colette, arriva peu après. Les deux frangines posaient pour les plus importants peintres de l’époque et s’improvisèrent pour ceux-ci courtières en art afin d’améliorer le quotidien d’une vie d’artiste. La grande beauté des deux sœurs était bien connue des peintres et des sculpteurs. Et plus qu’une modèle, Colette était peintre. Initiée en grande partie par Clergé, ils vont bientôt peindre ensemble. Colette, muse, modèle et peintre. L’atelier devient l’écrin de leur passion, une histoire d’amour, d’art, d’atelier. De Jeanne à Modi, de Colette à Clergé. Une adresse, un abri en marge des bruits des boulevards et du carrefour où le temps défile et fuit sans cesse. Un atelier comme un lieu ceint où l’on préserve l’esprit de la brutalité des dehors. Là, en secret, peuvent s’épanouir les âmes aimantes.

Copyright : André Kertész

Copyright : André Kertész

Une tanière suspendue au Mont Peinture, les Muses y dansent encore fêtant les amants du Parnasse. De l’amour à la toile, de la toile aux chatoiements de l’éternité. Peut-on espérer plus beau motif pour un peintre que l’amour lui-même. Quel regard porte Clergé sur Colette lorsqu’il la peint ? Un regard amoureux, un regard de peintre ? Et quel regard porte Colette sur Clergé lorsqu’elle pose nue face à lui ? Un regard de modèle, de peintre, un regard d’éprise ? Dis-nous, Atelier, qu’as-tu vu de leur complicité ?

Une matière faite de sentiments. Dans les œuvres des deux peintres s’observent les traces d’un lien indissociable. Serait-ce un tableau à deux mains ? Les mêmes couleurs, le même chevalet, une palette pour deux. Chasseigneaux signe Clergé et Clergé signe Chasseigneaux ? Tout se fond et s’enchaine dans les couleurs lorsque la touche et le trait se ressemblent, se rassemblent, se retrouvent. C’est à elle, c’est à lui. C’est lui, c’est elle. Ensemble dans l’atelier, ensemble dans le tableau. Les mêmes sujets, paysages, modèles ou amis de passage. Bien sûr le maître c’est Clergé, mais les aquarelles de Colette, quand même ! … Ses fondus, ces tons sans dessins, ses intuitions chromatiques, ces rivages de Tahiti, ses lunes qui éclairent les plaines, ces couchers de soleil sans couleur, au lavis d’encre qui illumine les campagnes. Mais Clergé ! … Ces cirques, ces zones, ces bistrots, l’humanité peinte, une peinture aux accents, au caractère, aux saveurs populaires. Les paysages de Paris, de Provence, de Bretagne et de tout ces ailleurs traversés. Dans l’atelier c’est l’amour qui tient la pose.

 

Copyright : Pierre Jahan. Colette Chasseigneaux dans l'atelier du 8.
Copyright : Pierre Jahan. Colette Chasseigneaux dans l'atelier du 8.

Copyright : Pierre Jahan. Colette Chasseigneaux dans l'atelier du 8.

Le peintre Clergé partage la fin de sa vie entre cet atelier et celui de La zone Porte des Lilas, il décède à l’hôpital Laënnec en 1963, laissant l’atelier à Colette et Solange. Et la vie continua…

Colette est décédée en mars 2017 Solange un peu avant en 2009.

Auguste Clergé (1891-1963)

Auguste Clergé (1891-1963)

Quelle émotion ce fut d’ouvrir cette porte et de découvrir plus d’un demi-siècle plus tard que rien n’avait changé. Pendant longtemps Colette se lavait à l’eau froide comme s’il fallait que ce lieu soit celui d’un monde qui ne change pas. Cette poussière… quand les êtres disparaissent, l’amour disparait-il avec eux ? Cette étrange sensation en entrant dans l’atelier que l’amour n’avait pas quitté les lieux, qu’il était encore là, attaché à cette espace, accroché aux objets, si présent dans les tableaux. Aujourd’hui l’atelier a été vendu, et cette histoire constitue un chapitre tout entier du grand livre du Montparnasse de légende. Aussi la Galerie Les Montparnos est incroyablement heureuse de vous raconter le récit de cet atelier, l’histoire de Clergé et de Colette, de Solange et de leurs amis. Parce que notre Montparnasse si aimé réclame plus que jamais des pages à sa propre mémoire. Parce que ce Montparnasse c’était Paris capitale des arts. Parce que ses rues avaient pour nom ses artistes qui ont fait l’histoire. Ainsi, autour d’une sélection étonnée d’œuvres et de documents d’époque, cette exposition restituera t’elle  cette atmosphère où tournoient encore les muses des Amants du Parnasse.

 

Mathyeu Le Bal

Copyright : David Raynal

Copyright : David Raynal

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A venir bientôt, l'exposition de printemps

Publié le par LE BAL Mathyeu

8 rue de la Grande Chaumière, les peintures du dernier atelier. Copyrignt Pierre Jahan

8 rue de la Grande Chaumière, les peintures du dernier atelier. Copyrignt Pierre Jahan

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Le groupe Clergé, brasserie Courbet, 1930

Publié le par LE BAL Mathyeu

Avec Maurice Le Scouëzec en bas à gauche accroupi ; à ses côtés avec le noeud papillon, Auguste Clergé ; au-dessus de Clergé les bras croisés Jules-Emile Zingg ; au centre sur la droite le moustachu près de la chaise Alexandre Pineau.

Avec Maurice Le Scouëzec en bas à gauche accroupi ; à ses côtés avec le noeud papillon, Auguste Clergé ; au-dessus de Clergé les bras croisés Jules-Emile Zingg ; au centre sur la droite le moustachu près de la chaise Alexandre Pineau.

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Auguste Clergé (1891-1963) Présentation

Publié le par LE BAL Mathyeu

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Invitation

Publié le par LE BAL Mathyeu

Invitation

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Auguste Clergé (1891-1963)

Publié le par LE BAL Mathyeu

Les printemps du Montparnasse, les Grands Oubliés

Auguste Clergé

Le chevalier de La Zone

Exposition du 23 mars au 12 juin 2016.

Auguste Clergé (1891-1963)
C'est avec bonheur que la Galerie Les Montparnos vous invite au vernissage de l'exposition de l'année le 
 
mercredi 23 mars à partir de 18h30.
  
Le catalogue de l'exposition en ligne en cliquant sur le lien ci-dessous :
 
Le père Julien sur la Zone

Le père Julien sur la Zone

Le Chevalier de la Zone
... Tableau pour laissés-pour-compte
 
Un sens aristocratique de l’art au service du plus pur sentiment populaire
André Salmon
Mettre de la lumière là ou il n’y en a pas.
C’est à l’âge de cinquante ans qu’Auguste Clergé installe son atelier dans la zone. Une cabane de fortune, Porte des Lilas, à deux pas d’un vieux bistrot. Un monde fréquenté par les clochards, les gens du voyage, les marginaux et quelques artistes. Une sorte de hors-là, où quand le peintre vend une toile, il festoie généreusement avec eux tous.
Clergé se sent bien parmi les retirés, comme un animal blessé qui aurait retrouvé sa vraie nature, son jardin. Une pureté pauvre, une pauvreté libre qui laisse le monde extérieur et ses luxes pour un monde intérieur plus étroitement lumineux. L’atelier au centre de la misère, la peinture, la faim... Les odeurs lourdes, les hivers froids et durs, les couleurs de la neige même sale, le vent rude des ruelles, une vue sur les toits de Paris, la ville grande et son centre au loin, très loin.
le cirque, 1958

le cirque, 1958

Parfois apparaît sur tel tableau sombre une touche de rouge vif, pareille à un saignement joyeux. La pauvreté n’est-elle pas le terrain préféré de la grâce ?
La couleur pour unique richesse. Le monde et ses boues accouchant de toiles d’éclat.
Auguste Clergé le peintre du bas-côté, prince d’une peuplade de détachés. Lui, issu des lumières du spectacle et de la ville se retrouve au bord, à peindre entouré des zonards de l’existence.
Mais revenons au début. Tout commence par un serment de trois mots prononcés face à son père au moment de l’adolescence :
''Je serai peintre''.
La famille de Clergé tenait une boutique de taxidermie à Troyes. Notre apprenti avait pour destin tracé de prendre la suite de l’affaire paternelle, mais la perspective d’un tel avenir rebutait l’adolescent que l’art titillait déjà. Son père désavouait avec force l’idée même, et le futur peintre ne cessera d’être frappé dès qu’il était surpris à dessiner.
‘’Non vraiment, un animal, un insecte n’est beau que vivant. Il n’est pas permis de le torturer. On n’aurait pas le droit de me faire couper son cadavre !’’ De la bidoche d’animaux à la peinture il aura donc fallu trois petits mots :
‘’Je serai peintre’’.
Ainsi la liberté parla-t’elle à travers lui, les taloches faisandées de son père n’y changèrent rien. Le jeune avait auparavant été touché par le génie de l’indépendance. Trois mots décisifs qui ouvrent les portes d’un royaume autre, celui des êtres sans influence. Plus de gifles, ni de charognes, juste un dessin à peine esquissé, celui de la peinture...
Il citait Ibsen : ‘’L’homme fort c’est l’homme seul’’. La vie, jongleuse, le conduisit presque naturellement dans un cirque, Clergé devint trapéziste.
Nature morte aux poissons, 1937

Nature morte aux poissons, 1937

Auguste, le clown ... Il y a des prénoms comme ça, qui prédestinent.
L’Auguste, le clown au nez rouge, maquillé de noir, de blanc et de carmin, qui porte une perruque et marche dans de gigantesques chaussures. Maladroit, farceur, il est celui qui donne du fil à retordre aux plans du sage clown blanc. Il fréquente alors ce monde tant aimé des gens du voyage avec ses acrobates, ses funambules, ses dresseurs de fauves... Ceux qui avancent, en équilibre, sur le fil fragile de l’existence. Il y peindra des animaux extraordinaires. Il faut dire qu’il connaissait avec précision leurs défuntes anatomies. La peinture, au don miraculeux, redonne la vie aux vieilles carcasses de son enfance. Mettre des couleurs sur cette mémoire blafarde et ainsi remettre en liberté ces animaux qui se meuvent à tout jamais émouvants dans le tableau. Le jeune sauvage gagne en sauvagerie. Ses peintures abordent le rugissement des tons tendres. L’oeuvre naît là, sous le chapiteau des couleurs.
 Quel roulement de tambour que ces toiles et aquarelles sur le cirque ! Les clameurs du public, les yeux illuminés des enfants, les envols des voltigeurs se déployant dans les airs. Un pinceau d’agilité au centre du spectacle. Le réel est circassien, féerique.
À 21 ans, Il épouse Jeanne Garnesson, jeune veuve de 25 ans, ils auront un fils : Jean. Puis la guerre  14-18 éclate. Clergé soldat, peint dans les tranchées avec une brosse à dent et du cirage... Blessé, il est démobilisé en 1916. À son retour de la guerre, il retrouve sa famille. Un  soir cependant, il dit à sa femme, le plus naturellement du monde  :
 ‘’Jeanne, je vais peindre une meule au clair de lune... » 
Il ne revint jamais.
Peinture, quel étrange animal inapprivoisé que ton Auguste Clergé.
Les bûcherons, 1947

Les bûcherons, 1947

1918, Montparnasse.
Le peintre dès 1910 est l’élève de Cormon à l’école des Beaux-Arts de Paris. Les génies se retrouvent dans les cafés et scellent pour toujours dans le marbre des guéridons l’histoire de ‘’la folle jeunesse’’. Clergé est du premier groupe, celui de Modigliani, de Le Scouëzec - son grand ami - de Kisling, de Kiki, de Mendjizky, Soutine, de Papa Libion, Rappoport, et les autres tant... Il participera dès lors à de nombreuses expositions personnelles et collectives, le plus souvent accompagné de Le Scouëzec. Galerie du Luxembourg (1918), Galerie Barbazanges (1921) ... et bien sûr, régulièrement, dans les trois emblématiques salons (Salon des Tuileries, Salon des Indépendants, Salon d’Automne). À Montparnasse, il vit dans le centre névralgique du quartier : 9 rue Campagne Première en 1918, 59 rue Notre-Dame-des-Champs en 1921, 171 boulevard du Montparnasse en 1924...
En 1919, il crée  ‘’La Compagnie des Peintres et Sculpteurs Professionnels’’. Encore une compagnie. Décidément ! Avril 1921, Clergé est l’initiateur d’un événement majeur dans l’histoire du quartier et de l’art moderne. Il organise avec Serge Romoff et Le Scouëzec une grande exposition collective intitulée ‘’Quarante sept artistes exposent au café du Parnasse’'. La préface du catalogue signée par Romoff fait acte de profession de foi de l’Esprit montparno. Moment capital qui semble pourtant aujourd’hui être un chapitre arraché du livre d’Art Moderne, celui de l’art dans les cafés :
‘'Nous avons pris avec mon ami Auguste Clergé l’initiative de réunir quelques camarades pour nous installer dans un café, sans autre prétention que d’ouvrir une porte sur la rue. Pas même une chapelle ! Au café nous passons quelquefois les meilleurs moments de notre vie, nous voulons apporter le meilleur de nous-même : notre art. Nous le soumettons au jugement non seulement des initiés mais de la foule, sans fausse dignité, et sans distinction entre la femme du monde et le cocher de fiacre. Aux passants, la porte est ouverte !''
                                                                                              Serge Romoff.
Parmi les 47 artistes de cette première édition, figuraient : Clergé, Le Scouëzec, Soutine, Van Dongen, Utrillo, Ortiz de Zarate, Loutreuil, Mendjizky, Krémègne, Granovsky et tant d’autres noms inoubliables. Cette exposition eut un retentissement dans le monde entier. Montparnasse devenait l’emblème de l’art vivant, les chefs-d’oeuvre devenaient accessibles à même la rue.
‘’Enfin Clergé vint et le café-musée fut créé’’
Gustave Kahn
‘’De la peinture dans tous les Bistrots !’’,
s’écriait Clergé.
Quelques mois plus tard, cette exposition sera à nouveau montée au Parnasse. Ils seront 120 artistes, les plus grands, au mur de ce petit café du carrefour Vavin. Clergé, véritable Robin des Bois de la peinture, rendant la beauté au peuple. Les plus hautes aspirations de l’esprit accessibles à tous.
1927, vingt-sept grands artistes sont choisis pour peindre les colonnes de la légendaire brasserie La Coupole afin de célébrer l’inauguration de ce lieu si emblématique du Montparnasse. Clergé peindra l’une de ces colonnes, les autres étant confiées aux peintres Jules-Émile Zingg, David Seifert, Louis Latapie, Marie Vassilieff...
Une vie d’artiste tient bien souvent sur un fil, aussi la providence mit-elle Léon Zamaron, célèbre commissaire de police, collectionneur et amateur d’art, sur le chemin de Clergé. Il acquiert un jour 47 toiles d’un coup. Personnage essentiel, il défendra le peintre tant pécuniairement que moralement durant 12 ans. C’est à travers  la correspondance entre Zamaron et Clergé que l’on découvre la sensibilité du peintre. Zamaron sera le confident. Une oeuvre se crée seul, il est si important en revanche de rendre hommage aux collectionneurs. Leurs intuitions et leurs engagements auprès des artistes sont souvent vitaux et cela va bien au-delà du commerce de tableaux. Les collectionneurs sont les protecteurs de l’oeuvre, ils en sont les gardiens. Cela dépasse et de loin le simple projet bourgeois d’un souci de décoration intérieure. Il y va tant de fois d’une question d’amitié.
Huelgoat (le bois d'en haut), Monts d'Arrée, Bretagne, 1920

Huelgoat (le bois d'en haut), Monts d'Arrée, Bretagne, 1920

De jours en jours ses liens avec Montparnasse et les grandes foules se délient, Clergé est proche de la nature. Il est d’une spiritualité faisant corps avec le paysage. La rivière, les bois, la Bretagne et ses bords de mer, Huelgoat, les Monts d’Arrée, les terres porteuses de secrets, Aix-en-Provence, Nemours, Espalion, les pêcheurs à Marseille, les voyages... La texture de ses tableaux va alors se rapprocher au plus intime de la matière même des choses : terre, bois, plâtre des murs, rivières, ciels, rugosité, grains, chemins, caillasses...
 ‘’Comme notre méchant Montparnasse me semble loin, où tout est mesquin et sans bonté, pourtant la nature est bonne... Dans la masse qui travaille il y a encore des sensibilités toutes neuves et des êtres qui n’ont ni trop, ni pas assez de culture pour ne plus savoir aimer une oeuvre sincère.
Il vaut mieux former des primaires en art que de redresser un blasé... C’est la seule raison pour laquelle je dois continuer.’’
Auguste Clergé
Puis vint le temps du Théâtre, en 1920 Clergé rencontre celle qui va devenir sa seconde épouse, Alice Reichen, actrice de la troupe de Georges et Ludmilla Pitoëff. Commencera alors une grande tournée avec la compagnie à travers toute l’Europe de 1920 à 1932. Il dessinera les décors, les costumes, deviendra  acteur et peindra tous ces pays traversés. Il se liera d’amitié avec le romancier italien Luigi Pirandello et l’écrivain et critique George Bernard Shaw. Clergé le peintre-acteur, la toile devenue espace scénique, la vie pour décor de l’âme, une vue des coulisses. De chaque lieu nouveau, Clergé écrivait à Zamaron annonçant bonne ou mauvaises nouvelles, mort d’un enfant... Puis naissance en 1926 du petit Claude. Le 15 octobre 1933, Clergé crée à la galerie Barreiro - rue de Seine -  ‘’Le Salon Populiste’’ où l’on découvre des oeuvres picturales et littéraires guidées par ce même élan d’indépendance. Le vernissage fut accompagné de châtaignes et de Gaillac doux. Seront présents Michel Simon, Louis-Ferdinand Céline, Charles Vanel, Ludmilla Pitoëff... Les oeuvres exposées mettront en scène le peuple, ses misères et ses vérités, le labeur des braves gens, ouvriers et paysans au travail. Ce salon connaîtra un grand succès durant des années. En 1948, il peindra des fresques pour les salons du parfumeur Roger et Gallet sur le thème de la reine de Saba.
 
Clergé rencontre alors celle qui sera sa dernière compagne, Colette Chasseigneaux, modèle des peintres et peintre elle-même, elle posa avec sa soeur Solange pour le peintre Pinchus Krémègne. Clergé toujours lié à Alice Reichen accueille à l’atelier son nouveau modèle et élève, mais cette présence imposée à la comédienne instaurera un climat de jalousie difficile. Colette travaillera auprès de lui durant une quinzaine d’années et l’accompagnera jusqu’à la fin. Dernière exposition en 1961 à la galerie Paul Cézanne. Clergé malade, sera hospitalisé à l’Hôpital Laënnec de Paris. Resteront ses ultimes croquis de la salle commune dessinés depuis l’hôpital. Il y décèdera en septembre 1963.
Pour l’anniversaire du centenaire de sa naissance en 1991, Sylviane de La Bouillerie, petite-fille du peintre et l’association Hélios en partenariat avec le conseil général du Finistère organisèrent une importante rétrospective de son oeuvre au Château de Trévarez, au coeur de cette Bretagne qu’il a tant peinte.
Naturaliste, peintre du cirque, peintre décorateur, acteur, Montparno des premières heures, ami du peuple, peintre de la zone, voyageur et aventurier, peintre de la liberté, tel est Auguste Clergé, si plein de bienveillance à l’égard du monde et des hommes, un chevalier aux beautés anarchiques. L’animal est sauvé.
La galerie Les Montparnos, dans le cadre des ‘’Printemps du Montparnasse, les grands oubliés’’ est heureuse de vous convier à l’exposition du peintre Auguste Clergé (1891-1963) du mercredi 23 mars au dimanche 12 juin 2016.
Mathyeu Le Bal
Directeur de la Galerie Les Montparnos
Le paradis perdu, 1949

Le paradis perdu, 1949

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Les Grands Oubliés du Montparnasse

Publié le par LE BAL Mathyeu

Les Grands Oubliés du Montparnasse

En Préparation...

C'est avec un grand plaisir que la galerie Les Montparnos vous donne rendez-vous le mercredi 23 mars pour sa nouvelle exposition de printemps consacrée à l'une des figures les plus marquante du montparnasse des années 20.

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